Enregistrement des naissances: innovation de l’Équateur

Dans l’ex-province de l’Équateur, seulement 18% des naissances sont enregistrées à l’état civil ; et seulement 10% des parents d’un enfant enregistré ont un acte de naissance en mains (EDS 2013/2014). Les enregistrements des naissances qui forment les 8% restants sont soit des procurations qui n’ont pas été converties en acte de naissance, soit des actes de naissance effectivement transcrits mais qui n’ont pas été récupérés par les parents. Afin de réduire l’écart entre le nombre d’enregistrements effectués et le nombre d’actes de naissance remis aux parents, et afin de rendre l’activité d’enregistrement des naissances plus vivante, de nouvelles stratégies ont été mises en place.
Enregistrement des naissances: des volontaires Croix-Rouge dévoués à l’activité
Motivée par le désir d’améliorer le taux d’enregistrement des naissances, la Croix-Rouge nationale, dont le volontariat fait partie de son credo, s’est fortement intéressée aux activités liées aux enregistrements dans l’ex-province de l’Équateur. Au début, les bénévoles Croix-Rouge intervenaient en tant que collecteurs de procurations aux cotés d’agents vaccinateurs. Aujourd’hui, la stratégie a évolué et des bénévoles apportent un appui précieux aux agents communautaires rédacteurs dans les registres de naissances en appui aux officiers de l’état civil souvent débordés et fatigués par le poids de l’âge pour des conversions rapides après campagne des procurations en actes de naissances.
Des résultats visibles grâce à des bureaux secondaires mobiles
Les efforts supplémentaires des collecteurs de la communauté et de la Croix-Rouge ont motivé les officiers d’état civil à se rapprocher encore davantage du nombre d’enfants à enregistrer dans le délai établi de 90 jours suivant la naissance. Avec l’aide des rédacteurs communautaires possédant une bonne calligraphie, des chefs de quartier aux coins des rues se chargent de recevoir et de convertir les procurations et de lancer des messages de sensibilisation grâce à des mégaphones. Résultat : des actes de naissance converties et remis aux parents concernés.
Les bureaux d’enregistrement mobiles, encore plus proches, permettent aux parents d’être proactifs et de se déplacer de chez eux pour récupérer les actes de naissance. Les parents communiquent le nom de leur enfant ainsi que l’adresse de leur résidence à l’officier d’état civil et l’acte leur est délivré.
De plus en plus de parents convaincus de l’importance des actes de naissance
Un père du prénom de Jean témoigne : « Parce qu’ils n’avaient pas d’acte de naissance, les enfants d’un de mes voisins ont été bloqués à l’aéroport de Kinshasa avec leur maman, alors qu’ils venaient rejoindre leur papa sur son nouveau lieu d’affectation. La mère de ces enfants a été taxée de vouloir voler les enfants. C’est quand mon voisin me racontait cette histoire que j’ai compris l’importance de ce document auquel nous n’accordons que trop peu d’importance. J’en suis maintenant conscient et je parlerai à tous mes proches de l’enregistrement des enfants à l’état civil. »
Une maman commerçante, vendeuse de fournitures de bureau au centre-ville de Mbandaka, du nom de Sylvie témoigne: « Ma fille, élève à la 5ème des Humanités au LycéeEsengo de Mbandaka avait satisfait au concours des Enfants Reporters de Mbandaka pour aller représenter la province de l’Équateur au Forum de l’espoir des enfants des pays de la région des Grands Lacs à Bujumbura. L’acte de naissance figurait parmi les documents nécessaires pour constituer le dossier du voyage. Ma fille n’ayant pas été enregistrée à l’état civil à sa naissance, je n’ai pas eu de choix que d’aller lui chercher un jugement supplétif au Tribunal de Grande instance de Mbandaka au risque de devoir annuler son voyage. Avec les frais de justice et les honoraires de l’avocat, cela a couté 250$. J’ai alors compris l’importance de ce document auquel j’accordais, moi aussi, trop peu d’importance. Je suis maintenant convaincue et je transmettrai le message à tous mes proches. »
Il y a de plus en plus de parents comme Jean et Sylvie qui commencent à se rendre compte qu’enregistrer leurs enfants à l’état civil constitue la preuve qu’ils en sont les parents.
L’Unicef sensibilise les parents qui ne sont pas encore convaincus
Cependant, les témoignages de Jean et Sylvie n’ont pas forcément le même effet aux oreilles de certains de leurs pairs. Pour ces autres parents, l’acte de naissance n’est utile que pour divers déplacements à l’étranger ou dans le pays. Pour ces enfants qui ne risquent pas de voyager de sitôt, l’acte de naissance ne serait donc pas indispensable.
Les unités d’Unicef RDC en charge de la protection de l’enfant et de la communication pour le développement (C4D) collaborent étroitement pour sensibiliser les communautés sur l’utilité identitaire de l’acte de naissance et sa gratuité si l’enregistrement est effectué avant le délai légal de 90 jours. Ces efforts de sensibilisation lèvent progressivement le goulot.
Les parents sont émerveillés d’obtenir l’acte de naissance le même jour que la procuration et que la transcription des données dans le registre. La remise de l’acte de naissance directement par les mains des autorités compétentes des provinces est un événement solennel, particulier, une journée mémorable pour ces parents qui reçoivent ce passeport de protection.
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