L'histoire générale de la République démocratique du Congo

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Le territoire qui porte aujourd’hui le nom de république démocratique du Congo est peuplé depuis au moins 200 000 ans av. J.-C. environ. Il y eut des grands États centralisés sur ce territoire comme les Kongo, Songye, Kuba, Garengaze, lunda et l'empire Luba... Les Européens ne reconnaissent la région qu'en 1482-1483 avec la découverte de l'embouchure du fleuve Congo par le marin portugais Diogo Cão.

 

 

Le 31/08/2018

 

 

Préhistoire, Moyen Âge et exploration par les Européens

 

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Musée royal du Congo Belge

 

Comprendre la préhistoire du Congo​

 

 

L’histoire de la république démocratique du Congo est une étude bien vaste qui couvre les différentes étapes de l’histoire. Il est bien normal que certains imaginent que l’histoire du Congo commence avec la découverte de l’embouchure du fleuve Congo en 1482.

Il est important de rappeler que la préhistoire est la période qui précède l’invention de l’écriture. Considérant cette période, les traces les plus anciennes de l’existence humaine sont associée aux préacheuléens découvert dans les sites archéologiques du Katanga et du Kivu, respectivement Katanda 2 et Sanga 5. Ces traces sont essentiellement des galets taillés dont l’âge est estimé à plus de 200,000 ans.

Entre les traces de préacheuléen et des premiers villages, le Congo était habité par des peuples nomades, qui vivaient de la chasse et de la collecte. Ces peuples nomades sont peut-être les ancêtres des peuples pygmées, qui font la fierté de la république démocratique du Congo et dont la culture est encore méconnue.

La découverte des nombreuses bifaces et hachereaux dans le site archéologique de La Kamoa au Katanga atteste l’existence de l’acheuléen.

Le deuxième millénaire avant Jésus -Christ est une période des grandes migrations des peuples cultivateurs (Néolithiques). Un grand nombre d’entre eux sont des peuples bantous qui font leurs voyages à partir des années 3500 av. JC.

Au Congo, les premières traces de la population pratiquant l’agriculture se matérialisent vers -2600 par la tradition « Imboga » dans le territoire de Mbandaka et du Lac Tumba, ensuite vers -2,300 par la tradition « Ngovo » au bas-congo et « Urewe » au Kivu (dans l’Est du pays.)

Bien qu’il soit probable que les villages de l’Est du Congo utilisaient le fer avant ceux de l'Ouest, suite aux découvertes des fours de réductions dans les régions avoisinantes ; il est important de savoir que la métallurgie (utilisation du fer) par les autres communautés du Congo est plus évident à partir des années 2000 av. J.C.

 

Histoire du Congo précolonial (RDC)

 12291040 1487994178175410 3447726313137219159 o 37                  Royaume Kongo

L'article Histoire du Congo pré-colonial résume l'histoire des peuples de l'actuelle République démocratique du Congo, depuis l'apparition des premières traces humaines sur le territoire jusqu'à la période de colonisation.

 

Les origines

 

La zone qui porte aujourd’hui le nom de république démocratique du Congo est peuplée depuis au moins 200 000 ans environ d'après les découvertes de pierres taillées sur les sites de Mulundwa (Katanga), Katanda et Senga (Kivu). Des vestiges archéologiques de l'homo sapiens (os, pointes de harpons, outils en quartz) ont été découverts à Ishango dans le parc national des Virunga et datées entre 25000 et 20000 ans. Des peuples bantous venus d'une zone comprise entre l'Est du Nigeria et les Grassfields du Cameroun viennent s'installer dès 2600 ans av. J.-C.

 

Des outils de pierre de 1,8 millions d’années ont été retrouvés au nord du lac Édouard. De 2000 av. J.-C. à 500 ap. J.-C., des vagues de migrations bantoues arrivèrent au Congo de la région de l’actuel Nigéria, en ces territoires jusqu’alors uniquement habités de populations pygmées. Les bantous s’installèrent d’abord sur les côtes et les plateaux du sud et de l’est et évitant la forêt dense. D’autres migrations de populations issues des régions du Darfour et de Kordofan au Soudan se produisirent au nord du Congo, ainsi que d’Afrique orientale, ajoutant une composante nilotique au mélange des groupes ethniques. Les Bantous apportèrent l’agriculture et les techniques de travail du fer d’Afrique occidentale dans cette région. Les Bantous mirent en place des États (Kongo, Kuba, Lunda), y construisirent de gigantesques forteresses, ruines etc.. Ils utilisaient le tam-tam comme moyen de communication, construisaient des sentiers et fabriquaient des vêtements grâce à une matière textile tirée de la feuille de bambou. Les peuples bantous avaient des connaissances en médecine assez poussées comme le vaccin (Kutéma Lulindi).

 

Les Royaumes

 

Les grands royaumes (Luba, Lunda, Kongo) se forment entre les premiers siècles après Jésus-Christ et avant le xve siècle, époque de l'arrivée des premiers Portugais sur le littoral atlantique.

 

Le royaume Kongo

 

À l’ouest, l’Empire Kongo. Très ancien (peut-être IVe siècle), il occupa à son apogée un territoire s’étendant sur l’ouest du Congo démocratique, la République du Congo et l’Angola. L'économie s'appuyait sur l'agriculture (igname,huile de palme). Les relations entre les bakongos et leurs voisins du nord-est,les batékés seront soit hostiles soit commerciales.

Avec l'entrée en contact avec les Portugais en 1482, le thème du déclin devient de plus en plus imminent. À partir de 1532 les Bakongos lancent des raids contre les ethnies voisines afin de fournir des esclaves aux Portugais contre des marchandises (fusils, habits, verre, fruits). En 1568 ce n'est qu'avec l'aide des Portugais que les Bakongos parviennent à repousser l'invasion des Yakas, un peuple de razzieurs nomades. Dès l'année suivante, les Portugais n'hésitent pas à s'emparer d'esclaves parmi les sujets du roi.

En 1665, après de nombreuses divisions internes des Kongos, les Portugais arrivent à soumettre ceux-ci à la bataille d'Ambuila ; ils déportent de nombreux Noirs comme esclaves au Brésil avec la complicité de certains commerçants africains. Leur port de déportation était Emboma, l’actuelle Boma.

 

 Le royaume Kuba

 

Le royaume Kuba se forma dans le Kasaï occidental et la Luluwa. Ses origines remonteraient au XVe siècle, mais il ne prit réellement son essor qu'au XVIIe siècle, sous le règne de Chamba Bolongongo, appelé Shyam Mbula Ngoong par Vansina (ou Shyam a mbul a Ngoong). Ce souverain encouragea les nouvelles cultures; il aurait introduit les cultures du maïs et du tabac. Il apprit à ses sujets le tissage du raphia et la sculpture et institua un véritable service militaire.

Le royaume des Bakuba est particulièrement intéressant parce qu'il est le seul, dans cette région d'Afrique, où les souverains avaient institué une charge de gardien des traditions orales : le Moaridi. Par ailleurs, l'art de la sculpture et de la décoration y a atteint un niveau remarquable.

À la fin du XVIIe siècle, les Luba envahirent le royaume Kuba. Celui-ci perdura néanmoins jusqu'à sa soumission par les Belges en 1904. Les Bakuba étaient les populations congolaises les plus aptes à se défendre contre les menées de la force publique avec les Baboa et les Babudje.

 

L’espace Baluba

 

 

Au XVIe siècle, les Balubas, un peuple venant du Katanga, né de la sécession d'un clan de l'ethnie Songhoy, migre vers le nord entre la rivière Kasaï et le lac Tanganyika. Les Balubas vivaient alors dans les provinces actuelles du Kasai et le nord du Katanga. Les Balubas s´organisèrent en chefferies indépendantes, des sortes de tribus. Parmi les tribus les plus importantes on compte les Bena Lulua, les Bena Tshibanda, les Bena Mpuka, les Bena Mualaba, les Bena Mutombo, les Bena Luntu, les Bakwanga ou encore les Bena Mukuna.

À la tête de chaque chefferie se trouvait un bulopwe, l´empereur de tous les Balubas ; le kalamba n´avait quant à lui qu´un titre symbolique. Le premier empereur des Balubas sera Kongolo, qui selon la tradition serait aussi l´ancêtre des Basonges.

Nombreuses étaient les autres ethnies qui vivaient aux côtés des Balubas (Basonge, Tetela, etc.), mais les Balubas les dominèrent économiquement étant plus nombreux. Ainsi leur langue, le kiluba, servait de langue interethnique. Si au Kasai l’organisation politique ne dépassait pas le village, les Balubas du Katanga regroupaient plusieurs villages sous l’autorité d’un seigneur, le Kilolo. Des conflits armés opposèrent les Baluba à leurs voisins mais il y a avait aussi des conflits entre différents bulopwes.

Des fouilles archéologiques près du lac Kisale ont révélé que les Balubas utilisaient dès le IXe siècle une monnaie de cuivre cruciforme, les croisettes de différents poids. Chaque roi avait sa capitale. Si les Baluba utilisaient le tam-tam comme moyen de communication à longue distance, ils avaient aussi un oracle, le lubuko, sorte de maison avec une porte d’entrée à l’arrière et un mur en bois à l’avant. La personne à l’intérieur répondait alors aux questions par oui ou par non aux questions posées par l’interlocuteur devant le mur, en tapant sur le mur en bois.

Les villes de Lusambo et de Kabinda étaient les plaques tournantes du commerce des esclaves. Au XIXe siècle, juste avant la pénétration européenne, les Balubas ne purent résister aux envahisseurs Tchokwés et Lélés. C'est aussi à cette époque qu'apparurent les premiers fusils.

 

L’empire Lunda

Au sud, l’Empire Lunda s'établit sur l’extrême sud du Katanga. La capitale de l’empire était Musumba. Son influence durera du XVIe siècle au XIXe siècle. Les Lundas croyaient en un dieu unique au ciel auprès duquel reposent les défunts. Après la mort d’une personne, ils organisaient des danses qui imitaient les mouvements d’un oiseau afin que l’âme de la personne s’envole au ciel. Il s'agissait d'un oiseau aquatique car pour eux l’eau était symbole de vie. Ils étaient en contact avec les Wambundus, auxquels les souverains Lundas vendaient leurs sujets comme esclaves, ensuite revendus par ceux-ci aux colons portugais du Brésil. En 1789, l’explorateur portugais Francisco Maria Cerdas explora l’empire. De retour en Europe, il rendit compte des étonnantes richesses minières présentes là-bas. Les négociants arabes et swahilis achetaient aussi des esclaves lunda, déportés au Yémen, à Oman ou en Arabie saoudite. Cette pratique dépeupla et affaiblit l’empire. Les Lunda connaissaient donc probablement l’alphabet arabe et la langue swahilie était connue de tous les nobles et des commerçants de la région. Elle servait de langue de commerce entre les commerçants arabes et africains de la région.

 

Le Garangeza

 

Le Garangeza est l’État crée par M’Siri en 1856. Il persiste aujourd'hui sous la forme d'une chefferie traditionnelle.

Les négociants arabo-swahili dévastaient aussi tout l’est du Congo, l’actuel Kivu et l’actuel province orientale. Le plus grand commerçant esclavagiste était alors Tippo Tip en 1885 qui s’était taillé un fief dans l’est (Kasongo, Nyangwe, Kabambare). Les états esclavagistes musulmans disparaîtront en 1894 suite aux campagnes de l'État indépendant du Congo contre les Arabo-Swahilis. L'État indépendant du Congo remplacera l'exportation d'esclaves par le travail forcé sur place.

La cuvette centrale, couverte par la forêt équatoriale et peu peuplée, restera longtemps le domaine des peuples chasseurs, et notamment des pygmées Twa.

 

 

 

Clique ici gif 24  Découvertes archéologiques en République Démocratique du Congo (Pdf)But1

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Les pénétrations étrangères (Par Oscar Libotte, Président Honoraire de l'Urome)

 

1- L'arrivé des portugais au Kongo central 

En 1482, un explorateur européen qui longeait la rive occidentale de l'Afrique découvre l'embouchure du Congo. Cet explorateur était le Portugais Diégo Cao.

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Iscription de Diogo Cão sur la pierre de Ielala, à Matadi, sur le Zaïre ou le Congo


Deux ans après avoir repéré le débouché du Congo, Diégo Cao revenait en force, accompagné d'une équipe de missionnaires. Il débarquait à Mpinda - un petit port situé dans une crique de la rive sud, non loin de l'embouchure, et qui devait devenir tristement fameux par son commerce négrier. De Mpinda, les religieux gagnaient, à trois cents kilomètres dans l'intérieur des terres, la capitale du royaume de Congo où ils rencontraient le souverain Nzinga Ntinu.

Dès ce moment, tout l'actuel Kongo central, pendant de nombreuses années, fut sillonné par des commerçants, des artisans, des missionnaires. Une vie européenne allait s'introduire dans ce pays et y subsister jusqu'au moment où le Portugal le délaisserait au profit de l'Angola.

Parmi ces gens de la première pénétration, se trouvaient quelques Belges. C'est ainsi que dès 1610 un commerçant anversois Pierre Van Broeck achetait de l'ivoire à l'embouchure du fleuve. Plusieurs Capucins belges vinrent aussi comme missionnaires au Congo; le plus fameux d'entre eux est le Père Adrien Willems, mort lapidé en 1651, qui rédigea le premier dictionnaire bantou.

En même temps, des explorations étaient menées vers l'intérieur des terres. Celles-ci, effectuées souvent par des commerçants, n'ont pas livré leurs résultats qui étaient gardés secrets en raison de la concurrence. Mais cependant, en 1488, Diégo Cao - dans l'espoir de trouver la voie de passage vers le royaume du Prêtre Jean - remonte le fleuve et parvient en amont de Matadi où une pierre gravée conserve encore le témoignage de son arrivée. Plus tard, en 1652, un missionnaire, le Père de Montesarchio, parvient au Stanley-Pool et prend contact avec le pays des Bateke. Il y trouve d'ailleurs déjà installées des factoreries portugaises que tenaient des gérants noirs.

L'occupation commerciale du Bas-Congo était donc réalisée dès cette époque; malheureusement, elle s'accompagna d'exactions de tous genres qui la rendirent vite impopulaire.

Quant à l’œuvre missionnaire, elle s'avéra précaire. Sans doute, dès 1491, le roi de Congo était-il baptisé; sans doute, son petit-fils devenait-il en 1518 le premier évêque congolais; sans doute, des maçons, des charpentiers venus d'Europe élevaient-ils des églises; sans doute, baptisait-on le peuple par doses massives; sans doute, un petit contingent de capucins exerça-t-il jusqu'en 1834 une activité réduite et sporadique. Mais le christianisme, tel qu'il fut introduit alors, ne lança point, semble-t-il, de racines profondes; imposé par le pouvoir, il ne recueillit point dans l'ensemble l'adhésion des cœurs; il se confondit souvent avec un opportunisme politique. Lorsque à la fin du XIXe siècle arrivèrent les Belges, ils ne trouvèrent plus que quelques vestiges, quelques rites au sens perdu, l'un ou l'autre mur d'église à ras du sol et couvert d'herbes, et aussi quelques crucifix de cuivre de fabrication locale qui avaient été conservés à travers les générations.

 

2 - Les négriers européens

 

Par millions, des navires européens déportèrent du XVe au XIXe siècle des esclaves noirs vers l'Amérique. Ce trafic de chair humaine fut introduit par les Portugais. Il commence en 1443, lorsqu'un trafiquant lusitanien ramena du golfe de Guinée un groupe de 263 Africains. Devenus bientôt maîtres de la chaîne de comptoirs qui s'échelonnaient tout au long du rivage atlantique, les Portugais mirent le continent en coupe réglée, comme une forêt, comme une mine. Parlant du Congo, l'un de leurs écrivains le décrit d'ailleurs comme "une mine à esclaves".

C'est le Congo qui pâtit le plus de ce trafic, car ses sujets étaient très cotés sur les marchés. Lisbonne, au début du XVIe siècle, était devenue le principal marché d'esclaves alimentant à la fois le Portugal et les Amériques. A cette époque, on vendait déjà de 10 à 20.000 noirs par an. Le long de l'embouchure du Congo, les captifs venus en caravanes de l'intérieur étaient parqués dans des enclos en attendant preneurs. Le port principal d'exportation et le plus ancien était Mpinda, dans une crique de la rive sud. C'est à Mpinda qu'avait débarqué la première expédition portugaise; c'est de là, qu'au cours des siècles suivants, furent exportés par dizaines de milliers de malheureux esclaves noirs. Mpinda fut d'ailleurs à diverses reprises disputé dans l'histoire; en 1602, il est attaqué par une flottille française; en 1606, les Hollandais essaient de s'y établir; l'une et l'autre tentative d'installation furent repoussées par les Portugais. Ceux-ci conservèrent pendant deux siècles, aux XVe et XVIe siècles, le monopole de la traite des noirs.

Mais, à l'aube des temps modernes, les autres puissances européennes entrèrent en compétition commerciale; à ce moment s'amorçait le déclin du Portugal, en même temps que croissait la force de la France, de l'Angleterre et des Pays-Bas.

Après la chute de Loanda en 1641, les Hollandais enlèvent leurs postes aux Portugais et prennent leur succession dans le commerce des esclaves. Les Portugais cependant résistent, des combats se déroulent dans le Bas-Congo, les factoreries hollandaises de Mpînda sont rasées en 1648, mais finalement tout se termine par un accord qui donne aux Hollandais le droit de trafiquer. Un peu plus tard, les Anglais à leur tour font leur apparition dans les installations congolaises : dès 1701, ils possèdent, toujours à Mpinda, une factorerie qui achetait les esclaves aux Mussorongo.

De monopole portugais, la traite des esclaves noirs était devenue à la fin du XVIIe siècle une gigantesque entreprise internationale. Les entrepôts deviennent de plus en plus nombreux et florissants. Les Français apparaissent à leur tour sur le marché, chassent les Portugais du port de Cabinda et installent leur trafic surtout au-delà de la rive nord du fleuve, vers Loango et Malemba, tandis que les Anglais se spécialisent dans l'estuaire.

Au cours de la seule année 1778, on avait exporté d'Afrique 104.000 esclaves; le tiers d'entre eux provenait du Congo et de l'Angola.

Il est à noter que ces esclaves, après avoir été au début prélevés dans les régions riveraines, provenaient, la marchandise se raréfiant, d'endroits de plus en plus reculés du pays. Pour les obtenir, des expéditions étaient organisées; celles-là étaient généralement commandées par des "pombeiros", trafiquants noirs ou métis au service des Portugais.

Certaines de ces expéditions remontèrent, au XVIIe siècle, jusqu'au lac Léopold Il, et plus tard jusqu'au Katanga. Parfois des tribus commerçantes, tels les Bateke, servaient d'intermédiaires et revendaient aux abords de Léopoldville des esclaves en provenance du Haut-Congo. Des pistes commerciales reliaient d'ailleurs dès cette époque le Kwango et le Stanley-Pool à la grande piste qui aboutissait aux ports angolais. A la faveur de ce mouvement, l'un ou l'autre Européen pénétra même assez profondément à l'intérieur des terres, tel le Hollandais de Helder, qui peu après 1641 conduisit une expédition jusqu'à Muende Kundi, sur le Kwango.

Le XIXe siècle devait voir à la fois l'apogée de la traite des noirs et sa disparition.

Déjà au XVIIIe siècle, l'opinion publique avait pris conscience de la situation et une forte réaction s'était dessinée contre le trafic de chair humaine. Cette réaction alla s'accentuant. Les idées de 1789 ouvrirent une ère nouvelle. L'Angleterre prit les devants dès 1807, elle abolissait la traite et dès 1833 l'esclavage dans ses colonies; cet exemple était suivi par le Portugal en 1835 et par la France en 1848.

Mais longtemps encore, ces décrets devaient rester lettre morte : ils se heurtaient à trop d'intérêts commerciaux. Dans la pratique, ils aboutirent à rendre clandestin le trafic des esclaves, mais celui-ci resta florissant : des chiffres contrôlés démontrent qu'entre 1840 et 1848, il était encore déporté entre 50 et 80.000 noirs par an; en 1850, l'estuaire du Congo était encore bordé de nombreux entrepôts d'esclaves dont Boma était le grand centre d'approvisionnement. Bientôt même, ce sera jusqu'au Katanga, chez Msiri, que les Portugais iront acheter des hommes.

En fait, on dut attendre la fin du XIXe siècle pour voir enfin, grâce surtout à l'introduction de nouveaux moyens de production, s'éteindre l'esclavagisme. En 1877, on trouvait encore échoués devant Boma des esclaves morts noyés, mains liées, carcan au cou, le nom du trafiquant gravé dans les chaînes; cependant le chiffre d'esclaves exportés du Congo était tombé entre 1860 et 1874 de 30.000 à 2.000.

Toutefois, quelques foyers clandestins subsistèrent en Angola; ils ravitaillaient en main-d’œuvre les factoreries de l'intérieur du pays; ces foyers tentaient comme par le passé de trouver en terre congolaise leur marchandise humaine; même, leurs pourvoyeurs n'hésitèrent pas, en échange des ennemis capturés, à fournir des armes à certaines tribus congolaises - tels les Batshioks du Kwango et, en plein début du XXe siècle, les révoltés Batetela réfugiés au Katanga.

Lorsque les Belges parvinrent au Congo, ils avaient comme premier objectif, fixé par Léopold Il, la répression de la traite des noirs. A ce moment, rien que par la voie de l'Ouest, en quatre cents ans, plus de quinze millions de Congolais avaient été déportés; dix millions d'entre eux, à la suite des mauvais traitements, étaient morts en cours de route.

L'occupation belge et la surveillance des frontières mirent fin aux dernières incursions angolanes et sauvèrent les tribus menacées.

 

3 - Les négriers arabes

À peine la traite des esclaves diminuait-elle ainsi à l'Ouest, qu'elle se développait avec une intensité accrue dans tout l'Est du Congo. Cette fois, ce n'était plus à l'Amérique qu'il fallait de la main-d’œuvre bon marché, mais c'étaient les harems et les palais du Moyen-Orient qui réclamaient des femmes et des domestiques.

Dès le VIIIe siècle, les Arabes avaient étendu leur domination sur la rive orientale de l'Afrique; en bordure de l'océan Indien, ils avaient bâti des villes aujourd'hui ensevelies sous les forêts tropicales. Repoussés à la fin du XVe siècle par les Portugais qui avaient fait le tour du continent, ils reprirent bientôt pied, et deux cents ans plus tard, ils étaient redevenus les maîtres de la côte, loin vers le Sud.

 

À quelle époque, les premiers Arabes pénétrèrent-ils au Congo ?

Il est difficile de le savoir mais il est avéré qu'au début du XIXe siècle on trouvait déjà des Congolaises dans les harems d'Osman et de Mascate. Pendant longtemps, comme jadis les Portugais au Bas-Congo, ils se contentèrent de razzias locales auxquelles s'ajoutaient de rares incursions vers l'intérieur. Cependant, les besoins allant croissant, notamment par suite de la suppression du débouché russe en esclaves blancs, ils s'aventurèrent de plus en plus vers le centre africain. En 1840, ils étaient parvenus au lac Tanganika et en 1858 les explorateurs Burton et Speke apportaient le premier témoignage sur les négriers arabes; ceux-ci avaient installé une base à Uvira. D'Uvira, ils rayonnaient vers l'Urundi et vers le Katanga où ils rencontraient d'ailleurs leurs collègues portugais.

Dès ce moment, ils firent du Congo leur terrain de chasse. Avec l'aide de tribus cannibales, dont ils devaient souvent protéger leurs captures, ils mirent des zones entières à feu et à sang; généralement, tout comme les «pombeiros» chez les Portugais, c'étaient des métis qui dirigeaient ces expéditions et organisaient les marchés.

Les forces arabes mirent vingt ans à envahir la région qui s'étend du lac Tanganika au Lualaba, en 1860, elles arrivaient à la rive du fleuve, s'y installaient et fondaient Nyangwe, qui longtemps allait être leur capitale africaine. De Nyangwe un réseau de postes Kirundu, Kabambare, etc. assurait les relais jusqu'au Tanganika. Il leur fallut encore une vingtaine d'années pour arriver à Stanleyville; en 1883, Stanley, remontant le fleuve, les rencontre à Basoko et dans l'Aruwimi qu'ils ravagent.

Pendant ce temps, d'autres incursions arabes partaient du Soudan. De plus faible envergure, elles contournaient les redoutables sultanats Azande pour aller razzier les tribus Mangbetu et Abarambo de l'Uélé. Elles devaient atteindre leur plus grande intensité lors des attaques madhistes.

Y eut-il des voyageurs arabes qui - préfigurant Stanley - descendirent le fleuve, sinon jusqu'à la mer, du moins jusqu'au Pool? La question, faute d'archives connues, reste ouverte, mais il est certain que, mieux que les explorateurs européens, ils savaient dès le milieu du XIXe siècle que le Lualaba était le Congo, et non le Nil, et plusieurs d'entre eux décrivirent à cette époque l'estuaire du fleuve, ses bateaux, ses factoreries.

Quel est le nombre de Congolais qui fut razzié par les Arabes pendant les quelques dizaines d'années que dura leur trafic?

Ici aussi, les archives manquent pour apporter une réponse certaine. Il est connu que certaines caravanes qui parcoururent le millier de kilomètres séparant le Tanganika de l'océan Indien ne comptèrent pas moins de deux mille esclaves. L'on a estimé qu'à l'apogée de leur puissance africaine, les Arabes exportèrent quelque 70.000 Congolais par an. Aux chiffres de ces ventes, il faudrait ajouter celui des massacres, car les razzias arabes étaient particulièrement féroces et meurtrières. On peut avoir un indice du rôle proportionnel du Congo sur les marchés de l'époque; en consultant les tableaux de population de Zanzibar, ancienne capitale de la traite; aujourd'hui, sur les deux cent mille noirs qui peuplent le sultanat, la moitié est constituée par des descendants d'esclaves et deux mille d'entre eux se reconnaissent encore une origine congolaise.

Bientôt, l'occupation arabe devint si forte au Congo que l'on vit l'un de ces trafiquants s'y créer un sultanat; il s'agit à vrai dire du plus célèbre des négriers de cette période, Tippo­Tip. Lorsque arrivèrent les premiers Belges, ils trouvèrent en lui un potentat trop fort pour être attaqué avec chance par leurs faibles effectifs. A ce moment, Tippo-Tip régnait en maître incontesté sur tout le Maniéma et le Lomami et ses razzias allaient depuis le Haut-Ituri, à l'est, jusqu'à la Lulonga à l'ouest; elles tendaient ainsi à rejoindre les territoires foulés par les négriers de Khartoum. Mieux valait composer et tenter de rallier Tippo-Tip aux entreprises nouvelles. Celui-ci, devant les arrivants, se révéla d'ailleurs un diplomate avisé : déplaçant progressivement ses terrains de razzias, il manœuvra avec une telle habileté qu'il parvint souvent à détourner de ses domaines cachés les chemins des explorateurs. Finalement, Stanley lui-même, devant une telle puissance, jugea bon de se le rallier, en l'amadouant : en 1887, au nom de Léopold Il, et en le nommant gouverneur de la province des Falîs qui s'étendait pratiquement sur presque tout l'Est du Congo; à cette nomination, une condition était mise : collaborer avec les Belges à la suppression de la traite des esclaves. Tippo-Tip fut-il fidèle à la convention? Il semble que, conseillé par le sultan de Zanzibar, il se résigna à l'inévitable; trois ans plus tard, comprenant sans doute que des temps nouveaux allaient arriver, il abandonnait sa charge et quittait définitivement son ancien royaume africain.

C'est alors que, brusquement, tout le réseau des postes arabes allait entrer en rébellion. Une autre époque commençait : celle des campagnes arabes au cours desquelles, au prix de nombreux sacrifices, les Belges exterminèrent définitivement toute velléité d'esclavagisme.

 

4 - Les explorations du XIXe siècle

Les Portugais, dans leur découverte de l'Afrique, avaient été partiellement guidés par l'illusion d'atteindre un royaume imaginaire, celui du Prêtre Jean. Un nouveau mobile allait guider la majorité des explorations du XIXe siècle, parties des pays européens : résoudre le problème des sources du Nil.

Bientôt, petit à petit, allait être cerné le mystère du centre africain : il le fut par des approches successives qui, parties de traversées coupant des zones périphériques, devaient aboutir au sensationnel exploit de Stanley.

Déjà, en 1798, le Portugais Lacerda avait pénétré jusqu'au Katanga et y avait eu connaissance des mines de cuivre. Mais c'est en 1816 que s'amorce le grand courant des explorations scientifiques : cette année là, l'Anglais Tuckey s'engage dans l'estuaire du Congo afin de vérifier si ce n'est pas là tout simplement le Niger; jouant de malheur, l'expédition fut décimée par la fièvre : sur 56 personnes, 18 moururent en cours de route. Tuckey était parmi les disparus, mais son entreprise n'avait pas été inutile : elle avait remonté le fleuve jusqu'à hauteur des rapides d'Isangila, bien en amont de Matadi, aux environs du site d'Inga; de plus, elle rapportait en Europe les premières études approfondies sur les pays traversés.

Dès le milieu du siècle, le courant s'intensifie. A l'est du Congo, des expéditions successives, lancées à la recherche des sources du Nil, découvrent les grands lacs : les Anglais Burton et Speke arrivent au Tanganika en 1858, leur compatriote Baker atteint le lac Albert en 1860. Au Nord, entre 1870 et 1872, l'Allemand Schweinfurt parvient à l'Uélé et l'Italien Miani au Bomokandi.

 

À la même époque, du Sud arrivait Livingstone. Celui-ci découvrait le lac Moéro où il rencontrait Tippo-Tip, et plus tard, profitant d'une caravane de trafiquants arabes, il quittait le Tanganika pour arriver à Nyangwe, sur le bord du Lualaba, le 29 mars 1871. Pour la première fois, ce jour-là, un Européen voyait le cours supérieur du Congo. Etaient-ce là les eaux du Nil ou celles du vieux Zaïre? Telle était la question que se posa Livingstone. Il semble bien qu'il soupçonna d'être devant le Congo, mais les habiles Arabes ne le laissèrent point aller plus avant; de plus, la région était périodiquement mise à sang par les marchands d'esclaves. Écœuré par les massacres qu'il avait vus, Livingstone, dès la fin de la même année, avait déjà rejoint le Tanganika : c'est là que le retrouve Stanley qui allait passer quelques mois à voyager avec lui dans la région.

 

Bientôt, un autre Européen atteignait la même rive du Lualaba : l'Anglais Cameron, parti lui aussi du Tanganika, découvre la Lukuga, traverse les pays dominés par les négriers et arrive - comme Livingstone trois ans auparavant - à Nyangwe, la grande capitale arabe. Avançant des arguments scientifiques, Cameron est le premier à déclarer nettement que les eaux qui coulent devant lui ne sont pas celles du Nil, mais celles du Congo. Le 28 août 1874, aidé par Tippo-Tip, il parvenait à traverser le Lualaba, mais sa tentative d'explorer le fleuve mystérieux s'arrêta là : à force de persuasion, de paroles, et de ruses couvertes d'amabilité, l'habile Tippo-Tip parvint à le détourner de tout projet de découverte vers l'aval, à tel point que l'officier anglais, rebroussant chemin, remontait bientôt le Lomami, et passant par Kamina rejoignait l'Angola pour arriver l'année suivante à l'Atlantique après avoir réussi à traverser complètement l'Afrique.

C'est à Stanley qu'étaient destinés la chance et le mérite d'effectuer enfin pour la première fois la descente du fleuve.

Rentré en Europe après sa rencontre avec Livingstone, Stanley revint bientôt en Afrique. Au moment même où Cameron tourne le dos à la chance, il s'enfonce dans l'intérieur du continent; deux ans plus tard, le 18 octobre 1876, il arrive à Kasongo où il rencontre lui aussi Tippo-Tip. Plus heureux que son prédécesseur, Stanley parvient à s'imposer au potentat et à l'appâter : pour cinq mille dollars, celui-ci accepte d'accompagner l'explorateur pendant trois mois en aval de Nyangwe. Au début de novembre, les deux hommes quittent de concert Nyangwe; sur les eaux du fleuve flotte dès ce moment un canot démontable que Stanley avait fait transporter à dos d'homme depuis l'océan Indien.

Mais, quelques semaines plus tard, à la fin décembre, Tippo-Tip, découragé par les dangers de l'entreprise et les maladies qui font d'effroyables ravages parmi ses gens, quitte son compagnon après l'avoir accompagné jusqu'au-delà de Kindu. Dès ce moment, Stanley est seul avec son escorte dans une nature hostile; il s'enfonce dans l'inconnu. Lorsqu'il atteignit Boma, en août de l'année suivante, il avait perdu tous ses compagnons européens et les deux tiers de ses effectifs. Mais cet homme épuisé apportait, avec la découverte du cours du Congo, la clef d'un problème posé depuis 1482.

Désormais, par l'Est et par l'Ouest, étaient ouverts les chemins qui, des océans, conduisent au centre africain. Celui-ci faisait son entrée dans le monde moderne.

 

Colonisation belge (1885-1960)

La colonisation du Congo se réfère à la période comprise entre la prise de possession par le roi Léopold II de Belgique en 1885 et l'indépendance en 1960.

 

En 1879, après son grand voyage d’exploration de l’Afrique centrale, l’explorateur britannique Henry Morton Stanley entre au service de Léopold II, roi des Belges . Quelques années plus tard, la Conférence de Berlin, de novembre 1884 à février 1885, jette les bases d’un « partage » de l’Afrique entre les puissances européennes . La conférence approuve un Acte imposant dans le bassin du Congo la liberté de commerce et de navigation, y interdit tout monopole et promulgue l’abolition de l’esclavage, la protection des Africains et des missionnaires chrétiens. Au cours de l’été 1885 une partie de cette zone internationale de libre-échange devient l’État Indépendant du Congo avec Léopold II pour souverain. Très rapidement, Léopold II se déclare propriétaire du pays - grand comme quatre fois la France -, de ses habitants et de ses produits.

 

Quelles qu’aient pu être les motivations et les intentions de Léopold II - a-t-il agi en homme d’affaire cynique ou en « civilisateur » ?

- la gestion coloniale de l’Etat libre a été terrible pour les habitants. 
Afin de faire fonctionner « sa » colonie (en réalité, une simple entreprise commerciale personnelle) et d’en exploiter les richesses naturelles, Léopold II s’appuie sur une armée de mercenaires, les missions catholiques, un certain nombre d’administrateurs et de colons à sa solde, ainsi que des banquiers belges. De vastes territoires sont concédés à des compagnies privées qui lui versent des redevances. Pendant une vingtaine d’années, les agents territoriaux, la force publique, et les milices armées des sociétés privées, répandent la terreur, imposent le travail forcé, mutilent (mains ou pieds coupés) ceux qui ne respectent pas les quotas de production ... Des centaines de milliers, peut-être des millions, de Congolais sont morts, victimes - directes ou indirectes (notamment par le biais d’épidémies telles que la maladie du sommeil) - du régime mis en place par Léopold II.

À l’époque, les atrocités commises au Congo soulèvent l’indignation dans certains pays d’Europe (surtout en Angleterre et même en Belgique - cf. débats parlementaires), et aux États-Unis. Une commission internationale d’enquête publie en novembre 1905 un rapport édulcoré mais néanmoins accablant.

Le Congo belge (1908-1960)

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Le roi Baudouin de Belgique la reine Fabiola à kisangani (Congo)

En 1908, Léopold II cède l’État libre du Congo à la Belgique qui en fait une colonie, le Parlement belge reprend la tutelle sur le territoire désormais appelé Congo belge. 

- Sans que cela modifie le régime d’exploitation. Au cours des années suivantes, le système mis en place par l’administration coloniale bénéficie d’une forte croissance économique, grâce à la richesse du sous-sol.

. Un ministre des Colonies est institué tandis qu'un gouverneur général est installé sur place, à Boma. La situation de la population s'améliore graduellement : un réseau d'établissements sanitaires permet de faire reculer les maladies et la malnutrition, l'enseignement est développé notamment par les missionnaires protestants et catholiques, et le pays est mis en exploitation, avec notamment la découverte des formidables ressources minières du Katanga. Le travail forcé, notamment dans les mines, persiste cependant sous diverses formes jusqu'à la Seconde Guerre mondiale (1939-1945),

 

 

Première Guerre mondiale

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L'Acte de Berlin de 1885 imposait la neutralité dans le bassin conventionnel du Congo. Respectueux de cette obligation, le Gouvernement belge avait, au début de la première guerre mondiale, enjoint au Congo de conserver vis-à-vis des forces allemandes stationnées en Afrique une attitude strictement défensive.

Mais dès août 1914 les Allemands lançaient des incursions sur la frontière orientale du Congo et rompaient ainsi la neutralité. Dès lors, le Gouvernement belge pouvait légitimement quitter son attitude expectante et donner ordre aux troupes congolaises de passer à leur tour à l'offensive. À l'Ouest, un détachement rejoignait, dès octobre 1914, les troupes franco-britanniques qui attaquaient le Cameroun allemand; ce détachement participa à la prise de la Sangha et il coopéra à l'encerclement des forces ennemies jusqu'à la chute de Yaounde, en janvier 1916. D'un autre côté, deux compagnies congolaises partaient au secours des Anglais, en Rhodésie, où les Allemands avaient attaqué Abercoru; cette intervention belge repoussa les Allemands hors du territoire britannique.

Ces deux premières campagnes belges se soldaient ainsi par des victoires. Une offensive de grande envergure allait leur succéder.

En effet, tandis que se déroulaient les expéditions du Cameroun et de Rhodésie, les autres forces belges cantonnées dans l'est du Congo préparaient, de concert avec les Anglais, une attaque puissante contre l'Afrique orientale allemande.

Cette offensive débute en août 1916. Les troupes congolaises, commandées par le général Tombeur, sont réparties en deux brigades: l'une, la brigade Nord, sous les ordres du colonel Molitor, devait marcher sur le lac Victoria, et l'autre, la brigade Sud, sous la direction du colonel Olsen, avait comme objectif le chemin de fer reliant le Tanganika à l'océan Indien. Le lac Victoria fut atteint après de rudes combats tandis que la brigade Sud s'emparait de Kigoma; les deux brigades unissant leurs efforts, convergèrent vers Tabora où était concentré le centre de résistance allemand. Le 19 septembre 1916, celui-ci tombait; peu après, le Gouvernement belge remettait Tabora aux mains des autorités britanniques. Objectif atteint, le gros des troupes regagna ses bases au Congo.

Mais quelques mois plus tard, en août 1917, les forces allemandes, commandées par le général von Lettov-Vorbeck, faisaient un vigoureux retour offensif à tel point que le gouvernement britannique se voyait contraint de solliciter à nouveau l'aide des Belges. Les troupes du Congo, qui avaient été démobilisées à la fin de la campagne de 1916 étaient rapidement reconstituées et, sous le commandement du général Huyghe, elles reprenaient le combat. Combat qui s'avéra encore une fois victorieux; bientôt Huyghe s'emparait de Mahenge, et l'ennemi en fuite était refoulé jusqu'au Mozambique. L'armistice du 11 novembre 1918 vint mettre fin aux dernières escarmouches.

Consécration du rôle important que la Belgique avait joué dans la guerre africaine, la Conférence de la Paix, réunie en 1919, lui confia un mandat sur les anciens territoires allemands du Ruanda-Urundi.

 

- Le Congo entre deux guerres

La guerre avait rompu la portée de l'Acte de Berlin. Il fut remplacé en septembre 1919 par la Convention de SaintGermain-en-Laye. Celle-ci réservait le système de la liberté commerciale dans le bassin du Congo uniquement aux Etats signataires et aux membres de la Société des Nations qui adhéraient à la Convention; de plus, elle autorisait la Belgique à fixer désormais librement les droits d'entrée au Congo des navires et des marchandises.

À partir de ce moment, le Congo connut un remarquable développement économique; l'assouplissement du régime draconien imposé par l'Acte de Berlin fut incontestablement l'une des raisons de cette prospérité accrue qu'accompagna un vaste essor de l'organisation administrative, de la vie sociale et de la recherche scientifique.

Economiquement, le Congo sortait de la guerre 1914-1918 ouvert à une exploitation plus large et plus fructueuse. Déjà à cette époque, on y dénombrait près de deux mille firmes commerciales. Cette progression alla s'amplifiant jusqu'au moment de la grande crise mondiale de 1930-1935. Les conséquences de celle-ci furent très graves pour le Congo car sa prospérité dépendait essentiellement de l'exportation des matières premières. Il fallut attendre longtemps, en fait jusqu'aux événements de 1940, pour voir se dessiner une reprise complète des affaires. Cependant, même en plein marasme économique, on continua sans désemparer de donner au pays son armature.

Dès 1920, le deuxième ministre des Colonies, Louis Franck, avait entrepris un large programme de travaux publics: équipement des ports, développement des communications, encouragements à la navigation aérienne. En même temps, il favorisait l'agriculture, notamment l'exploitation du coton qui allait apporter des ressources à des régions entières. Il doublait cette action économique d'une politique indigène solide, qui aboutit à la stabilisation des communautés coutumières et à l'amélioration de la vie des travailleurs.

Le Congo vécut alors une période de haute conjoncture qui ne prit fin que vers 1930. Pendant cette période, on vit entreprendre la mise en valeur du Kivu, se constituer les grands élevages du Katanga, appelés à prendre une place importante dans l'économie congolaise, à côté du coton, les plantations de café et l'exploitation de produits palmistes. Le chemin de fer du Cap qui, en 1910, arrivait déjà à la frontière katangaise, fut prolongé à travers le territoire congolais jusqu'à Port-Francqui, sur le Kasai. Ainsi fut réalisée la liaison sur terre nationale entre les provinces minières et l'Atlantique; peu après, un autre chemin de fer, parti de Lobito, et traversant l'Angola portugais, atteignait lui aussi le Congo et se reliait à cette ligne du Katanga. Enfin, en 1925, pour la première fois, la Belgique était reliée au Congo par la voie des airs.

En même temps, se créaient d'importantes institutions scientifiques et humanitaires qui venaient renforcer l'action entreprise en Afrique.

Tel était le Congo à la veille de la crise mondiale. Un pays modernisé, exportant par un réseau de communications sans cesse développées les produits de ses plantations et les riches matières premières de ses mines. Dans ce pays, régnait la paix et s'amélioraient d'année en année les conditions de vie des habitants.

La crise menaça dans leur existence même la plupart des exploitations minières et agricoles; le Gouvernement dut prendre de larges mesures d'aide financière pour atténuer le désastre. Mais, en cette période où l'on côtoyait la catastrophe, des initiatives importantes continuaient d'être mises en oeuvre. En effet, c'est à cette époque, que sont organisées sur des bases solides les communautés indigènes traditionnelles et les centres extra-coutumiers. C'est à cette époque qu'une aide médicale accrue est apportée aux populations indigènes: on voit se créer notamment le Fonds Reine Elisabeth pour l'assistance médicale aux autochtones. C'est à cette époque aussi que le futur roi Léopold III, qui venait de rentrer d'un voyage au Congo, prononce en 1933, un discours fondamental: orientation de l'agriculture congolaise vers le paysannat indigène et préparation, dans un avenir plus ou moins éloigné, de l'accès des autochtones à la propriété immobilière individuelle, tels en étaient les thèmes. C’est à cette époque encore que se créent d’importants organismes de recherche scientifique: l'Institut des Parcs nationaux qui établit de vastes réserves de flore et de faune protégées et l'Institut national pour l'Etude agronomique du Congo Belge qui a pour objet le développement scientifique de l'agriculture.

Une fois la crise surmontée, le Congo reprit lentement jusqu'à la guerre sa prospérité: la production minière et agricole augmentait à nouveau, les communications se consolidaient, et, dans les échanges commerciaux, la Belgique prenait une part de plus en plus importante.

En fait, au moment où la guerre s'annonçait, le bilan du pays se soldait par un actif appréciable. Le Congo avait victorieusement traversé la crise et sa position économique allait s'affermissant. Le pays entier était sillonné de réseaux fluviaux, ferrés, routiers, se joignant, se prolongeant l'un l'autre de frontière à frontière. Les liaisons aériennes s'établissaient. Ecoles, hôpitaux, dispensaires se multipliaient tandis que les premières villes prenaient forme. Enfin un souple ensemble de lois assurait à la fois la protection des communautés indigènes restées fidèles à leur organisation coutumière, celle des travailleurs engagés dans les modes d'existence nouveaux et celle des premiers groupements où s'ébauchait une vie urbaine; c'était là une politique nuancée et opportune, appuyée à la fois sur la tradition et sur l'évolution réelle, qui s'est avérée heureuse: elle a assuré une ère de paix et de tranquillité qui n'a jamais été sérieusement troublée.

Cette situation favorable permit au Congo d'être prêt pour l'effort exceptionnel qui allait lui être demandé au cours de la deuxième guerre mondiale.

 

 

Seconde Guerre mondiale1940-1945

 

La participation du Congo à la guerre de 1914 avait été avant tout militaire. Dans la guerre de 1940, son action fut totale: il apporta à la fois les richesses de ses mines, de ses plantations, de ses forêts, le travail acharné de ses populations blanche et noire, ses soldats, ses armes.

Le 10 mai 1940, l'invasion de la Belgique par les Allemands avait coupé brusquement toutes les relations entre le Congo et la Métropole. Cependant, à ce moment, les frontières congolaises n'étaient point directement menacées; l'ennemi le plus proche était les troupes italiennes d'Afrique orientale. Mais, conscient de la gravité de l'heure, le Gouverneur général Ryckmans, dès le 18 mai, plaçait délibérément le Congo aux côtés des Alliés qui continuaient le combat.

Mobilisation militaire et mobilisation civile allaient pendant ces années transformer le visage du pays.

Après une période de concentration, les troupes congolaises franchissent les frontières en février 1941 et passent à l'attaque: leur objectif, ce sont les centres italiens d'Abyssinie. Coopérant avec le commandement britannique, un premier bataillon, après avoir parcouru 1.700 kilomètres à travers les plaines brûlantes du Soudan, remporte bientôt les victoires d'Asosa et de Gambela; d'autres éléments le suivent et montent en ligne.

 

Les batailles de Asosa, Gambela et Saio en Éthiopie.

 

 

Les soldats des troupes congolaises libèrent la ville de Gambela et la ville d'Asosa (en Éthiopie) et chassent les italiens des forces fascistes de mussolini.

 

Sous commandement belge, les Congolais participent à la libération de l'Éthiopie envahie par les forces fascistes de Mussolini. Les Congolais engagés dans les combats libéreront Asosa, Gambela, et Saio (villes éthiopiennes de l'ouest du pays) lors des batailles mémorables survenues entre le 6 mars et le 3 juillet 1941. Venus du Congo, les Congolais passèrent par le Soudan pour entrer en Éthiopie et déferlèrent avec succès sur les troupes italiennes pour ensuite les vaincre bien que ces dernières étaient plus nombreuses et plus puissantes militairement. 

Au nombre des captifs de guerre côté ennemi :
« Pas moins de neuf généraux italiens furent faits prisonniers, dont Pietro Gazzera, le commandant de l'armée italienne en Afrique-Orientale, et le comte Arconovaldo Bonaccorsi, l'inspecteur général des milices fascistes qui, pendant la guerre civile en Espagne, avait terrorisé Majorque. En outre, 370 officiers italiens (dont 45 de haut rang) furent faits prisonniers, ainsi que 2 574 sous-officiers […] Le bilan humain coté soldats congolais: 42 tués, 5 portés disparus, 193 succombés aux blessures ou aux maladies. » David Van Reybrouck, "Congo, Une histoire" p.205 

« ce récit africain aboutit à la première victoire alliée sur les forces de l’Axe, présentant la Deuxième Guerre mondiale sous un angle encore peu connu. » quatrième de couverture de "BORTAÏ Campagne d’Abyssinie - 1941" de Philippe Brousmiche.

En souvenir de ces batailles épiques, une pyramide à 3 faces fut érigé en 1943 au Congo à Faradje, en Province Orientale d'où sont partis les Congolais vers l'Éthiopie le 5 février 1941. Chacune des faces de ce monument porte le nom d'une des victoires remportées: ASOSA, GAMBELA et SAIO. Nombreux lieux en RDC portent l'un ou l'autre nom de ces villes éthiopiennes en mémoire de ces batailles historiques. Par exemple, il existe une avenue Gambela à Kinshasa, un des plus grands marchés de Kinshasa porte aussi ce nom, un quartier Gambela existe aussi à Lubumbashi au Katanga, etc.

« Un Bataillon des Troupes Coloniales Belges vient de passer la frontière du Soudan Anglo-égyptien. Il est mal armé et manque de munitions. » proclamait un émetteur Nazi de Radio Stuttgart.

Munsa Nzinga Kandombe

 

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Un soldat congolais, le brigadier LIKILI et son unité d’artilleurs de la Force publique belge du Congo font prisonniers un groupe d’officiers fascistes italiens dont les armées s’étaient emparé de force du royaume d’ Haïlié Sélassié…Ce brigadier oublié de l’histoire donnera son pseudonyme héroïque à tous les soldats sans grade ou sans importance (recrues) des FAZ et des FARDC…

 

Quelques mois plus tard, de nouveaux effectifs belges s'embarquaient à Matadi : un corps expéditionnaire au complet allait occuper, en Nigérie britannique, des positions d'attente devant la frontière du Dahomey vichyste. Il devait en principe s'insérer dans une vaste manœuvre d'encerclement des colonies françaises non encore passées dans le camp allié. Toutefois, l'accélération des événements, le débarquement en Afrique du Nord, le ralliement de Dakar qui entraîna celui des territoires voisins, rendirent vite inutile son intervention. Aussi, au début de 1943, les troupes congolaises quittent la Nigérie: partie par mer, partie par terre, elles gagnent le Moyen-Orient. Six mille soldats font le tour de l'Afrique en bateaux tandis qu'un convoi de plus de mille véhicules, dans un raid spectaculaire qui fut un véritable exploit sportif, traverse les déserts soudanais, arrive à Khartoum et de là atteint le Caire.

Les effectifs de deux brigades restèrent dès lors stationnés au Moyen-Orient pendant près de deux ans: en Egypte, en Palestine, ils assurèrent la relève de troupes prêtes au combat et ils occupèrent des missions importantes de garde et de surveillance. Des plans secrets prévoyaient leur utilisation éventuelle dans une campagne balkanique mais, là aussi, les événements se précipitant, l'offensive d'Italie et le débarquement de Normandie créèrent des perspectives nouvelles; mission remplie, les troupes congolaises furent rapatriées sans avoir connu les champs de bataille d'Europe. 

Pourtant, c'est jusqu'en Extrême-Orient que l'on vit apparaître pendant la guerre les soldats congolais; en effet, sous le commandement du colonel-médecin Thomas, un hôpital de campagne venu du Congo apporta aux Alliés son concours permanent sur les fronts d'Afrique orientale, au débarquement de Madagascar, et enfin, en pleine guerre japonaise, dans la jungle de Birmanie, où il se couvrit d'héroïsme.

Tandis que par vagues successives, les forces militaires du Congo quittaient ainsi les frontières pour couvrir leurs objectifs, un travail intense s'opérait à l'intérieur du pays. Toutes ses capacités productrices étaient tendues vers l'effort de guerre. L'or, l'étain, le cobalt, le tungstène, le copal, l'huile de palme, le caoutchouc étaient mis à la disposition des Alliés. Dans tous les secteurs de la vie économique, on marchait vers un seul but: jeter dans la bataille toutes les richesses, alimenter sans relâche les fabriques qui au delà des mers fournissaient matériel, vivres et munitions aux combattants, et sans arrêt colmater les brèches causées par la perte des pays d'Extrême-Orient tombés aux mains des Japonais et d'où venaient jadis l'huile et le caoutchouc.

 Mais, en même temps, corollaires de la situation, des phénomènes nouveaux se produisaient à l'intérieur du Congo. La rupture économique avec la Belgique avait changé le courant des affaires: d'une part, les importations s'alimentaient à de nouvelles sources, surtout en Amérique, qui prenait pied sur le marché congolais et découvrait le potentiel de l'Afrique; d'autre part, l'armature industrielle elle-même du Congo changeait d'aspect: jusqu'alors, le Congo avait été avant tout un fournisseur de matières premières et un acheteur de produits fabriqués; désormais, il commençait à s'équiper en industries de transformation et à répondre lui-même aux besoins de son marché intérieur. Une prise de conscience de sa valeur et de sa puissance mondiale naissait et s'affermissait.

 Parallèlement, sur le plan social, un autre phénomène de prise de conscience se produisait. Le travailleur, blanc ou noir, commençait à affirmer ses droits; des syndicats se formaient. Le tout n'alla pas sans heurts ni sans remous. Ainsi en est il dans tous les pays du monde lorsque se forment les classes sociales. Dans un pays qui jusque-là avait vécu conformément à la stricte condition coloniale, on assista alors à l'éveil d'un esprit démocratique. 

Fait encore plus important, c'est alors aussi que, principalement dans les centres urbains, on constata à la fois un éclatement de l'emprise clanique et la naissance d'un individualisme chez le Congolais, le tout allant de pair avec la formation d'une jeune élite autochtone fraîche sortie des écoles. L'effort qui lui avait été demandé à grands renforts de propagande avait fait comprendre au Congolais qu'il était beaucoup plus qu'une cellule englobée dans le collectivisme clanique, qu'il était avant tout un individu dont les actes pouvaient avoir leur répercussion jusqu'aux limites du monde, un individu dont le «monde libre» avait eu besoin pour gagner sa guerre. Ce sentiment, encore confus et mal dégagé dans les campagnes, s'affirmait de plus en plus dans les villes, là où la jeunesse, venue de régions différentes, commençait à confronter ses expériences et ses vues.

 Il y avait ainsi, au moment où la guerre se terminait, une énorme évolution en gestation: elle préparait le Congo d'aprèsguerre, un Congo au visage nouveau, sûr de soi, solide en ses biens matériels, avide de jouer sa partie dans un univers qui lui aussi avait en quelques années profondément changé. Parti de l'autoritarisme, arrivé aux années où peut s'atténuer le paternalisme, trop jeune - et trop hétérogène aussi en sa composition - pour se lancer délibérément et totalement dans la vie démocratique, il se présentait comme un pays adolescent, prêt à amorcer la préparation de son âge adulte. La guerre mondiale avait ouvert pour lui une ère nouvelle dans tous les domaines.

 

Après-guerre

La Belgique, occupée par les Allemands, et le reste du monde occidental avaient, après la Seconde Guerre mondiale, perdu beaucoup de prestige aux yeux des Congolais témoins des défaites de 1940. Et c'est, dès 1940, que les Bakongos avaient créé leur mouvement politique, l’ABAKO. En 1941, de graves troubles eurent lieu à Elizabethville. En 1944, eut lieu l'insurrection de l'ethnie kumu. L'adjudant Karamushi proclama même en février 1944 la fin du mbula matari (l’État colonial). En mars 1944, des révoltes eurent lieu à Masisi, des grèves et des émeutes les 25 et 26 novembre 1945 à Matadi. La même année d'importants quotidiens furent créés, comme la Voix du Congolais et la Croix du Congo (sous-titre: le Journal des « évolués » congolais). En 1944 à Luluabourg, des intellectuels avait en effet publié un manifeste pour la reconnaissance et des droits spécifiques pour les évolués (Africains ayant terminé dix ans de scolarité). Apparurent alors deux mouvements, l'un violent des ouvriers, paysans et soldats et l'autre pacifique des intellectuels.

Le 2 septembre 1945, le Japon capitule, la Seconde Guerre mondiale est terminée, et les alliés ont gagné. L'Europe est dévastée et l'Europe occidentale se reconstruit grâce aux crédits américains. Cette situation renforce l'influence américaine en Europe et dans les colonies. La guerre froide commençant, les deux grandes puissances, les États-Unis et l'URSS essayent de rivaliser sur le plan international, en particulier en se déclarant toutes les deux opposées au colonialisme. En effet, la Charte des Nations unies, ratifiée par la Belgique, prévoit l'« autodétermination des peuples ». Malgré cette charte et la pression internationale, les puissances coloniales refusent dans l'immédiat de consentir à l'émancipation des peuples qu'ils dominent : les colonies sont pour elles sources de richesses (mines, gaz, pétrole, etc.). Les États-Unis négocient un droit de préemption sur l’uranium de la colonie pour le développement de leur armement nucléaire.

En 1946 Joseph Kasa-Vubu de l'ABAKO fait un discours intitulé Le droit du premier occupant. Les « évolués » de Léopoldville sont autorisés à s'organiser en Confédération générale des syndicats indigènes. On estime à peu près à 5 609 le nombre d’« évolués ». Suivront l'abolition du fouet, pour le clergé, les gradés de la force publique et les auxiliaires de l'administration. Face à ces mouvements nationalistes, l'administration belge commence à comprendre qu'elle perd sa colonie. Ainsi, le professeur belge Antoine Van Bilsen publie, en 1955, un document intitulé Plan de trente ans pour l'émancipation politique pour l'Afrique belge.

L'agenda prônait une émancipation progressive du Congo sur une période de trente ans, une durée que Van Bilsen jugeait adéquate pour créer une élite intellectuelle qui puisse prendre la place des cadres belges. Le gouvernement belge et nombre d'« évolués » furent sceptiques par rapport à ce plan, les uns parce qu'il impliquait de perdre le Congo à terme, les autres parce que cette durée leur semblait trop longue. Un groupe d'« évolués » catholiques répondit positivement à ce plan dans un manifeste publié dans un journal congolais La Conscience africaine. Leurs seules divergences concernaient l'importance de la participation congolaise au cours de cette période de trente ans.

 

 

L'accession à l'indépendance (1956-1960)

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Arrivée du roi des Belges, Baudouin, le 29 juin 1960, à Léopoldville, pour la célébration de l'Indépendance du Congo. Il est accueilli à l’aérodrome de Ndjili par Joseph Kasa Vubu, président de la république du Congo indépendant et Patrice Lumumba, Premier ministre. 

Les Belges pensent avoir trouvé le système parfait : une présence permanente tout en gardant l'estime des Africains. L'amélioration lente mais continue du niveau de vie semble justifier les vertus de la colonisation belge. Mais sous cet ordre en surface se développent des revendications venant de sectes religieuses, des tribus et des intellectuels. Vers 1920, Simon Kimbangu prêche une forme originale de christianisme ; les autorités belges jugeant son enseignement subversif le condamne à mort puis à la détention perpétuelle. Cependant, la prise de conscience politique des Congolais se manifeste tardivement. En 1956, sont publiés trois manifestes, Conscience Africaine, la Déclaration de l'épiscopat du Congo belge et le Contre-Manifeste. Dans le premier texte, les signataires notamment Joseph Malula (futur cardinal de Kinshasa), Joseph Ileo et d'autres élèves des Pères de Scheut, revendiquent "l'émancipation politique complète dans un délai de trente ans". Dans le second texte, l'Église prend ses distances avec l’État colonial en insistant sur le fait que les Congolais "ont le droit de prendre part à la conduite des affaires publiques". Le Contre Manifeste rédigé par l'ABAKO de Joseph Kasa-vubu est encore plus radical en exigeant l'émancipation immédiate. En 1957, la Belgique accepte l'organisation d'élections locales. Les Congolais votent pour la première fois. L'annulation d'un meeting de l'ABAKO provoque le 4 janvier 1959 des émeutes à Léopoldville que la répression militaire noie dans le sang (quelques centaines de morts, tous Congolais). Au début de l'année 1960, au cours d'une table ronde réunissant à Bruxelles des indépendantistes congolais et des délégués du Parlement et du gouvernement belges, l'indépendance du Congo est fixée au 30 juin de la même année. La Belgique précipite l'événement car elle craint une rébellion du Congo (les Algériens se battent alors pour leur indépendance) et un isolement international dans un contexte où les grandes puissances (Royaume-Uni et France principalement) se séparent une à une leurs colonies en Afrique Noire. Enfin, la métropole sait qu'elle conservera finalement la mainmise sur son ex-colonie : les grandes entreprises et les officiers de l'armée congolais resteront belges tandis que les futurs dirigeants solliciteront l'aide de conseillers belges.

La Belgique organise des élections législatives pour élire les membres du parlement à qui elle signerait et remettrait les documents signifiant l'indépendance de la république démocratique du Congo Patrice Lumumba joue un rôle crucial, mettant en avant une vision nationale du Congo et non fédérale comme le voulaient les Belges et des Congolais opportunistes. Le MNC de Lumumba et ses alliés remportent les élections nationales avec 65 % de sièges au Parlement. L'État indépendant sera sous régime parlementaire, le Premier Ministre étant le chef du gouvernement, le président n'ayant qu'un rôle symbolique. À l'occasion de la nomination du président, Lumumba convainc ses amis et alliés d'offrir ce poste à son adversaire Joseph Kasa-vubu car estime-t-il la victoire contre les colons est d'abord celle de tous les Congolais.

 

La Première République (1960-1965)

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Joseph Kasa-vubu est président de la république du Congo tandis que Patrice Lumumba occupe les postes de Premier ministre et ministre de la Défense. Très rapidement, les relations avec la Belgique se tendent. Quelques jours après l'indépendance, les soldats de la Force publique, foyer de la ségrégation raciale, se mutinent à la suite de la provocation de son commandant en chef, le général belge Emile Janssens. Les mutins pillent les propriétés des Européens, s'en prennent aux officiers et aux civils européens. Le gouvernement belge envoie des troupes pour protéger ses ressortissants. La révolte militaire s'éteint après le limogeage de Janssens par Lumumba et la promotion immédiate de Congolais comme officiers de la Force publique. L'ami de Lumumba, Joseph Mobutu, est nommé chef d'État major avec le grade de colonel.

Dans le même temps, le 11 juillet, Moise Tshombe, d’origine lunda, déclare l'indépendance de la riche province minière du Katanga (représentant 70 % des devises) sous le nom d'État du Katanga. La Belgique semble soutenir les sécessionnistes. Le 14 juillet, Kasa-vubu et Lumumba rompent leur relation diplomatique avec l'ancienne métropole, l'accusant d'être intervenue militairement sans la permission express du gouvernement congolais. À son tour, la province du Sud-Kasaï fait sécession sous l’égide d’Albert Kalonji. Lumumba s'adresse à l’ONU pour être aidé à reprendre le contrôle du Katanga ; si le secrétaire général des Nations unies Dag Hammarskjöld envoie bien des casques bleus, il ne leur donne pas l'ordre d'attaquer les sécessionnistes du Katanga. Lumumba demande alors l’aide de l’URSS qui répond favorablement en lui envoyant notamment des techniciens, des avions et véhicules militaires. Pour le président des États-Unis, Dwight Eisenhower, il est évident que Lumumba est un communiste. Craignant qu'un bastion communiste se créé au centre de l’Afrique, le président américain donne l'ordre à la CIA d'éliminer Lumumba mais la tentative d’empoisonnement échoue. Voyant que son premier ministre n'arrête pas de se faire des ennemis, le président Kasa-vubu le démet de ses fonctions. Soutenu par le parlement, Lumumba, à son tour, démet le président de ses fonctions.

Partagée entre les deux hommes, l'ONU vote finalement la confiance à Kasavubu. Celui-ci nomme Joseph Mobutu premier ministre pendant que Lumumba est placé en résidence surveillée à Kinshasa le 10 octobre 1960. Ce dernier s’enfuit et tente de rejoindre ses partisans à Stanleyville mais des soldats de Mobutu le capturent. Kasavubu et son nouveau premier ministre l'envoient par avion à son ennemi, Moise Tshombe, leader du Katanga indépendant. Le 17 janvier 1961, il est exécuté par un peloton sous les yeux de ministres katangais et d'officiers belges. La radio préfère annoncer que Lumumba a été victime de villageois.

Les premiers ministres se succèdent jusqu'à ce que Mobutu mène le 24 novembre 1965 un deuxième coup d’État militaire qui, cette fois, renverse le président Kasavubu.

 

La Seconde République de Mobutu : le Zaïre (1965-1997)

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Ce jour-là : le 24 novembre 1965, Mobutu prend le pouvoir suite à un coup d'état

 

La mise en place de la dictature​

Immédiatement après le coup d'État, Mobutu s'autoproclame président. En quelques années, Il vide de son contenu la constitution républicaine et crée une véritable dictature. Il se fait accorder ou s'octroie des pouvoirs exceptionnels : il cumule les fonctions de premier ministre, de chef de l'armée et de législateur. Il nomme les ministres. Le MPR (Mouvement populaire de la Révolution) est le parti-État auquel toute la population doit adhérer. Le régime de Mobutu est fondé sur l’autorité et le nationalisme, qui sont les secrets de sa longévité. D’entrée, Mobutu se présente comme le libérateur des Noirs, en nationalisant les mines (1966) et déboulonnant les statues coloniales dans la capitale Léopoldville rebaptisée Kinshasa la même année. Les Congolais qui viennent de sortir de l’époque coloniale sont alors très sensibles à cette propagande.

La police politique recherche, intimide ou torture les opposants politiques. À la suite de voyages en Chine et en Corée du Nord, Mobutu met en place le culte de sa personnalité. Son portrait apparaît à la télévision juste avant le journal du soir. Des panneaux dans les rues vantent sa politique ; des chants célèbrent ses vertus.

 

Zaïrianisation et recours à l'authenticité

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Dès 1971, Mobutu prend une série de mesures pour se détacher de tout ce qui peut rappeler l'Occident. Le pays est renommé « république du Zaïre ». Les Congolais doivent adopter des noms africains (suppression des prénoms occidentaux, et rajout d'un « postnom ») à l'image de Mobutu qui se fait appeler Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga. La tenue vestimentaire abacost est imposée aux hommes en lieu et place du costume-cravate. Une nouvelle monnaie - le zaïre divisé en 100 makuta (singulier likuta) - remplace le franc congolais. De nombreuses villes sont rebaptisées : Stanleyville devient Kisangani, Elisabethville Lubumbashi.

Lors du sixième anniversaire de l’indépendance, un défilé résume l’histoire du pays, montrant notamment le Belge infligeant la chicotte. En arrière-plan, les relations entre la Belgique et le président sont bonnes : en 1968, en voyage à Bruxelles, Mobutu reçoit le Grand Cordon de l'ordre de Léopold. Le roi Baudouin est à son tour reçu au Zaïre en 1970 et 1985.

Réalisée dans le courant de l'année 1974, la « zaïrianisation » a constitué l'un des événements des plus importants de la politique menée par le régime mobutiste, à savoir la nationalisation progressive des biens commerciaux et des propriétés foncières qui appartenaient à des ressortissants ou groupes financiers étrangers. En réalité, si cette mesure s'inscrivait officiellement dans un effort visant à la réappropriation nationale de l'économie ainsi qu'à la redistribution des richesses acquises pendant la colonisation, elle constitue surtout un échec.

 

Chute de Mobutu (1989-1997)

 

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La population de Kinshasa jubile à l’entrée de troupe de Laurent Désiré Kabila qui vient de chasser le dictateur Mobutu Sese Seko, le 19 mai 1997.

La démocratisation du régime

Avec la fin de la Guerre froide, symbolisée par la chute du Mur de Berlin en novembre 1989, le régime de Mobutu perd la plupart de ses soutiens occidentaux. L'arrestation puis l'exécution de son ami Nicolae Ceaușescu en Roumanie semble avoir ébranlé le dictateur. Des manifestations, des grèves, des marches de protestation agitent Kinshasa et d'autres centres urbains. Le 24 avril 1990, dans le "Discours de la démocratisation", Mobutu annonce une série de réformes politiques pour son pays : abandon de la présidence du MPR, multipartisme, des élections d'ici deux ans. Un premier ministre est nommé fin avril. Porté par ce revirement, l'épiscopat zaïrois propose l'organisation d'une Conférence Nationale Souveraine pour soutenir la transition démocratique. Mobutu accepte. Pendant environ un an et demi (août 1991-décembre 1992), la Conférence, réunie à Kinshasa, discute d'une nouvelle constitution pour remplacer celle de Luluabourg (1964) mais ne débouche sur rien. Une "marche de l'espoir" organisée par les chrétiens de Kinshasa est réprimée dans le sang le 16 février 1992. Contrairement au vœu de la rue, Mobutu ne compte pas abandonner le pouvoir. L'élection d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, principal leader de l'opposition radicale, comme premier ministre par les Conférenciers n'apporte pas de changement. Mobutu le démet de son poste le 5 février 1993.

La tentatives de libéralisation du régime ne résolvent pas la crise économique. Dans les années 1990, le PIB diminue. Le pays n'arrive plus à assumer le service de la dette. Les services publics s'effondrent, l'inflation galopante ruine le pouvoir d'achat (+ 9769 % en 1994). Le 21 septembre 1991, des soldats, impayés, pillent les magasins de Kinshasa et d'autres villes. Nouvelles scènes de pillage, du 28 au 30 janvier 1993, dans la capitale, beaucoup plus violent : on compte environ un millier de morts dont l'ambassadeur de France.

 

Arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila

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Ce jour-là : le 29 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila devient officiellement président de la République démocratique du Congo (ex Zaïre)

Le génocide au Rwanda redonne une crédibilité internationale au maréchal Mobutu. Il accepte d'accueillir en Ituri les réfugiés rwandais fuyant la zone de l’opération Turquoise. Le Zaïre accueille 1,5 million de personnes. Au Rwanda, les tutsis ont pris le pouvoir mais s’inquiète de la présence à la frontière zaïroise de ces camps de réfugiés principalement hutus : ils craignent qu’ils ne reprennent les armes et entre au Rwanda. Déjà, ces réfugiés Hutu sont accusés de persécuter les Tutsis du Zaïre. En 1996, le président rwandais Paul Kagame excite les tensions.

Physiquement, Mobutu est malade : il souffre d’un cancer de la prostate. Son premier ministre Kengo Wa Dondo exerce de plus en plus de pouvoir. L’armée du Zaïre est déliquescente. Seule la Division spéciale présidentielle maintient le régime.

Le Rwanda de Paul Kagame, l’Ouganda de Yoweri Museveni et des Zaïrois se coalise dans un mouvement hétéroclite appelé AFDL (Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo). Cette rébellion armée, soutenue par les États-Unis de Bill Clinton et l’Angola de Dos Santos, vise officiellement à renverser Mobutu mais sert aussi de couverture à la pénétration par le Rwanda et l'Ouganda du Zaïre pour traquer les réfugiés hutus et accéder aux richesses du sous-sol. Un ancien marxiste congolais, Laurent-Désiré Kabila s'impose à sa tête. Muluba, né à Moba au Katanga, il a milité pour l’indépendance du Congo belge, a fui la guerre civile de 1960-1965 en Tanzanie, devenu là-bas trafiquant d’ivoire et d’or. L'AFDL reçoit le financement de lobbys miniers américains et canadiens. Kabila signera en effet des accords concernant l'exploitation minière avec les sociétés American mineral fields (le futur Adastra), Barrick Gold, First American Diamond, Horsham Corporation, Anglo Gold ashanti.

La faible motivation des soldats zaïrois à résister, la corruption de leurs officiers, la lassitude de la population par rapport au mobutisme facilite l'avancée de l'AFLD. Alors que la rébellion approche de Kinshasa, Mobutu fuit dans sa ville natale de Gbadolite, puis s'envole pour le Togo puis le Maroc. Sans combattre, les forces de l'AFDL entrent dans Kinshasa le 17 mai 1997, bientôt rejointes par Laurent-Désiré Kabila qui s'autoproclame président du pays. L'opposition, historique et non violente, d’Étienne Tshisekedi est ignorée par le nouveau pouvoir.

 

République démocratique du Congo : vers la paix et la démocratie ? (1997 à aujourd'hui)

 

Bien que le Zaïre soit rebaptisé république démocratique du Congo, le régime de Kabila s'avère aussi autoritaire que du temps de Mobutu. Le multipartisme est supprimé, une nouvelle constitution met le président à la tête des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaire. Il est aussi le chef du seul parti autorisé (l'AFLD), de l'armée, de l'administration et de la diplomatie et choisit les ministres.

 

La guerre interafricaine

Le 26 juillet 1998, volte-face de Kabila qui rompt avec ses anciens alliés extérieurs : le Rwanda et l'Ouganda. Les deux pays déclarent la guerre à la RDC puis l'envahissent. C'est le début de la deuxième guerre du Congo, parfois appelée la Grande Guerre africaine, en raison du nombre de pays belligérants et de morts. Terminé en 2003, c'est le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde guerre mondiale. Il est pourtant peu couvert par les médias, sûrement gênés par la complexité du conflit. Ne pouvant pas faire face à l'invasion, Kabila appelle les armées angolaise, zimbabwéenne et namibienne à l’aide. À Kinshasa, Didier Mumengi, ministre de l'information et porte-parole du gouvernement, lance le mot d'ordre de résistance populaire. Il invente le slogan "la Paix se gagne" et organise des "Forces d'Auto-défense Populaire" (FAP). Les envahisseurs se divisent entre le MLC (Mouvement pour la Libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba soutenu par l’Ouganda et le RCD soutenu par le Rwanda.

 

La normalisation

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Joseph Kabila Kabange, né le  à Hewa Bora dans le territoire de Fizi (province du Sud-Kivu). Il devient président de la République démocratique du Congo après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, le , au cours de la deuxième guerre du Congo.

En 2003, Joseph Kabila démarre une transition démocratique. Une nouvelle constitution est adoptée par referendum en 2005. L'année suivante, les premières élections libres depuis 1966 confirment Kabila à la tête du pays. Il remporte son deuxième mandat en décembre 2011, les observateurs nationaux et internationaux des élections jugeant toutefois les élections comme manquant de crédibilité et de transparence. Le pays reste troublé à l'est, dans le Kivu et en Ituri, par des bandes armées, des dissidents et des déserteurs.

 

Source

- Exetat.net/histoire/comprendre-la-prehistoire-du-congo

- Sensagent : Encyclopédie en ligne

- Urome.be

- Histoire coloniale.net / la Belgique et son passe colonial au Congo. 

 

 

 

À Lire 

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Biographie:
Isidore Ndaywel è Nziem

Né à Ipamu le 7 février 1944, il est Président de la Société des Historiens congolais, Professeur au Département d'Histoire de l'Université de Kinshasa, Directeur d'Etudes associé à l'EHESS (1993, 1997), chercheur associé au CNRS/Paris (1994), Professeur invité à l'Université Marien Ngouabi à Brazaville (1977, 1978) et à l'Université Laval de Québec au Canada (1984, 1995), il est l'auteur de plusieurs études et essais en histoire africaine. Il a entre autres codirigé la publication du Dictionary of African Biography.2. Sierra Leone-Zaïre et mourir au Zaïre : un demi-siècle au quotidien. Organisateur de plusieurs rencontres scientifiques et culturelles, membre de plusieurs sociétés savantes, il est le Directeur Général Honoraire de la Bibliothèque Nationale de la République Démocratique du Congo.

 

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ℹ️ Le saviez-vous ? il y a 400 ans, mourrait à Rome Antoine Emmanuel Nsaku Ne Vunda, le premier ambassadeur noir du royaume Kôngo au Vatican

D'Antoine Emmanuel Nsaku Ne Vunda, premier ambassadeur envoyé auprès du Saint-Siège par le roi du Kongo Alvaro II en 1603 – et mort trois jours après son arrivée, suite à un tumultueux périple de plus de quatre années –, il reste à Rome la dépouille ensevelie sous la basilique Sainte Marie Majeure et un buste de marbre